«Marielle a été tuée parce qu'elle était noire»

«Marielle a été tuée parce qu'elle était noire» Parler de « féminicide politique » risque de réduire la mort de Marielle à un assassinat politique alors que c’est plus que cela. L’assassinat de Marielle raconte aussi la politique d’assassinats systémiques dont sont victimes les femmes noires au Brésil. Ici, nos corps sont les plus vulnérables : l'État lui-même les considère comme jetables. Pour moi, Marielle n'a pas été tuée parce qu'elle était élue ou parce qu'elle faisait de la politique, elle a été tuée parce qu’elle était une femme noire, qu'elle s'assumait comme bisexuelle, comme favelada et comme mère célibataire. Si tu es une femme comme Marielle et que tu arrives dans une institution gérée par un groupe d'hommes hétéros et blancs, tu gênes forcément. Aucune personne blanche n’aurait été tuée de cette manière.

Tête-à-tête

22.03.2021 | par Sarah Benichou et Juliette Rousseau

Les « wokes » : un piège de renard à ours

Les « wokes » : un piège de renard à ours À croire une rumeur persistante, un spectre hante l’Occident : le spectre des wokes. Toutes les puissances culturelles se sont unies pour former une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre, et le vaincre. Cette panique colérique ressemble étrangement à celles qui se sont exprimées à répétition depuis — au moins — les années 1960 au sujet des campus, apparemment contrôlés à chaque génération par une jeunesse rebelle. En Mai 68, par exemple, le sociologue conservateur Raymond Aron qualifiait de « barbares » et de « terroristes » les maoïstes et autres anarchistes occupant la Sorbonne.

Jeux Sans Frontières

13.03.2021 | par Francis Dupuis-Déri

Une distraction absurde

Une distraction absurde La réalisatrice est très claire dans son intention. Elle n’est pas allée en Italie pour produire un film qui explore le thème des réfugiés ou des migrants et qui problématise ou victimise leurs expériences. Elle est allée à Amantea pour raconter une histoire avec sa poésie et sa narration propres. Le poète Rainer Maria Rilke écrivait : « Kunstwerke sind von einer unendlichen Einsamkeit und mit nichts so wenig erreichbar als mit Kritik. » (Les œuvres d’art sont d'une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder.)

Plateaux

07.03.2021 | par Cheong Kin Man

Suk Suk (Oncles), un film de Hong Kong à la Berlinale

Suk Suk (Oncles), un film de Hong Kong à la Berlinale Il semble que dans certains pays européens, les gens s’aiment avec beaucoup de liberté. C’est même d’une certaine manière un privilège d’être de ces pays. J’aimerais que cette façon si libre d’aimer et de s’aimer qu’ont beaucoup d’Européens soit universelle. Pourtant, puisque chaque culture a ses spécificités, je lutte parfois moi-même entre ce souhait « d’universalisation » et le « respect » de certaines habitudes culturelles. Je ne sais pas encore comment mieux me positionner sur ce point.

Plateaux

05.03.2021 | par Cheong Kin Man et Mathilde Denison Cheong

La Place Du Noir: L’esclavage dans le cinéma brésilien

La Place Du Noir: L’esclavage dans le cinéma brésilien Les premiers films brésiliens sont réalisés en 1897. Neuf ans auparavant, le Brésil a été le dernier pays occidental à abolir l'esclavage. Les portugais commencent la traite négrière peu de temps après la découverte et pendant 350 ans, déportent au moins 5 millions d'Africains, sans compter ceux qui sont jetés dans l'océan. Soldats de la conquête, main d'oeuvre aux champs et en ville, employés et artisans, les africains sont les bâtisseurs du Brésil. Lorsque D. Pedro, héritier de la couronne portugaise et roi du Brésil, proclame l'indépendance en 1822, deux tiers des brésiliens sont des afro-descendants, en majorité affranchis et libres. Durant des décennies, le cinéma occulte ce passé fondateur, il efface l'esclavage.

À lire

02.03.2021 | par Ariel de Bigault

Et si l’évolution devenait aussi une histoire de femmes ?

Et si l’évolution devenait aussi une histoire de femmes ? Par ces temps d’obscurantisme, où toutes les lumières de la raison s’éteignent sous le souffle conjugué de l’ignorance et de l’arrogance, ce livre dépoussière nos idées reçues d’un vigoureux coup de plumeau. Quand le savoir et l’humour s’allient pour le plus grand bonheur des lecteurs.trices, on ne saurait trop recommander la lecture de l’ouvrage de Pascal Picq : Et l’évolution créa la femme.

À lire

01.03.2021 | par Jacqueline Dérens