E l'Afrique et du Portugal: destins, mémoires, représentations // Festival des 3 Continents

E l'Afrique et du Portugal: destins, mémoires, représentations // Festival des 3 Continents Mal connues, ces cinématographies constituent un des chapitres parmi les plus importants de l’histoire des cinémas africains. Elles seront même traversé par un est des rares et ponctuels moments de convergence entre des perceptions novatrices européennes (Rouch et Godard feront le voyage au Mozambique pour apporter leur contribution – infructueuse mais marquante) ou latino-américaines (Ruy Guerra, né au Mozambique, revient du Brésil, l’ICAIC cubain forme des techniciens et réalisateurs mozambicains) et le désir utopique de créer les conditions d’une expérience d’où émergerait un cinéma pédagogique, autochtone, indépendant.

24.11.2016 | par Aisha Rahim et Jérôme Baron

Angola sur des rails de l'indépendance: la mémoire préservée

Angola sur des rails de l'indépendance: la mémoire préservée Une épopée pleine de souffle, qui a impliqué des voyages sans fin, des défis, beaucoup de poussière et d'enthousiasme. À travers elle, l'équipe de tournage (et plus tard, le public) plonge dans les réalités variées d'un même pays : brousse, ville, intérieur, littoral, ethnies, langues, âges et modes de vies différents. Beaucoup de personnes dont les témoignages ont été filmés sont mortes entre temps, preuve de l'urgence de ce travail, dont le résultat sortira dans le cadre des 40 ans de l'indépendance de l'Angola cette année.

11.09.2015 | par Marta Lança

Ruy Guerra et la pensée critique des images

 Ruy Guerra et la pensée critique des images Mueda, Memória e Massacre traite de la mémoire sensible du colonialisme, une contre-mémoire. Guerra s’intéresse fondamentalement à la façon dont l’histoire et le colonialisme comme système politique ont agi sur les corps en y laissant des marques (qui sont autant de vestiges, des restes) : les corps portent mémoire. Le film s’attarde sur une esthétique du sensible et de la mémoire, ainsi que sur une anthropologie des corps coloniaux. Il s’approche d’une mnémotechnique représentative, en étroit rapport avec la culture de l’Afrique de l’Est, en particulier avec les formes culturelles du plateau de Mueda, lieu de tournage.

11.06.2015 | par vários

Révolution et cinéma : l’exemple portugais - Colloque international

Révolution et cinéma : l’exemple portugais - Colloque international In contemporary Portuguese cinema, the question is to know how to represent the revolution. How can the revolution’s temporality be reconfigured in the present? How can it be made present and not past? How can the archives of the revolution’s political strength be restored? If the crossing of history is always a critical operation and if the historical approach implies a process of identification with past events, for contemporary Portuguese filmmakers — especially the children of the revolution — these vast archives and this impressive cinematic corpus place the question outside of the reach of any historicism.

27.10.2013 | par Raquel Schefer

Rééducation de femmes, entretien avec Licínio Azevedo à propos du film ‘ Virgem Margarida’

Rééducation de femmes, entretien avec Licínio Azevedo à propos du film  ‘ Virgem Margarida’ A violência do conflito e os desafios quotidianos impostos pela natureza hostil acabam por aproximar os pólos opostos, que se descobrem prisioneiros das mesmas cadeias. Juntas, militares e prostitutas acabam por se opor a um comando superior que se revela verdadeiramente corrupto e optam pelo perigoso caminho da sua libertação.

19.02.2013 | par vários

Tabou de Miguel Gomes

Tabou de Miguel Gomes vision réductrice et condescendante d'une Afrique pseudo-paradisiaque, nous la célébrons encore en nous émerveillant sur Out of Africa et tous ses avatars d'aventure et d'exotisme où l'Africain n'est qu'un décor, tout comme nous suivons avec volupté les amours incestueux de Ventura et Aurora dans une Afrique de carton-pâte. Gomes nous emmène ainsi avec habileté sur le terrain glissant de nos visions post-coloniales. Il le fait avec une impressionnante liberté, la sienne qui respecte la nôtre, une façon d'affirmer sa foi dans le cinéma des origines, celui de Murnau

12.12.2012 | par Olivier Barlet

Entretien avec Daoud Aoulad Syad à propos de La Mosquée (A Jamaâ)

Entretien avec Daoud Aoulad Syad à propos de La Mosquée (A Jamaâ) L'histoire : toute simple, au point qu'elle est issue d'une histoire vraie. Sur le tournage du dernier film de Daoud, En attendant Pasolini, qui justement portait sur un tournage dans un village où Pasolini avait lui-même autrefois tourné, une mosquée-décor avait été montée pour les besoins du film. En l'absence de mosquée, les gens du village l'avaient adoptée, bien qu'elle ne réponde aucunement aux normes. Fantastique histoire! Et voilà La Mosquée. L

19.07.2012 | par Olivier Barlet

Patrimoine photographique: Qui possède les souvenirs de "Avant"?

Patrimoine photographique: Qui possède les souvenirs de "Avant"? Partout en Afrique il ya un certain renouvellement d'une industrie de la culture et de la mémoire, ou peut-être même le culte de la mémoire.

15.05.2012 | par Pedro F Marcelino

Archetypes et caricatures du noir dans le cinéma brésilien

Archetypes et caricatures du noir dans le cinéma brésilien En 1988, j’ai établi une classification des archétypes et caricatures du noir dans le cinéma brésilien, inspirée par la pièce Les nègres de Jean Genet, elle même inspirée dans le film de Jean Rouch Les maîtres fous, et par l’œuvre de Verger. Le livre et le film de Joel Zito Araujo, La négation du Brésil (1999), qui traite de la même thématique à la télévision, ont confirmé que j’étais sur la bonne voie. Dans la fiction brésilienne, au cinéma ou en dehors, tous les personnages noirs appartiennent à une de ces classifications, ou sont un mélange de plus d’une d’entre elles.

24.03.2012 | par João Carlos Rodrigues

L’homme providence

L’homme providence  Les jeunes qui envahissent les rues du Bairro Alto en fin de semaine sont, en majorité, loin de savoir qu’il fut un temps là-bas où vivait un homme appelé Zé de Guinée. L’homme qui a fait du Bairro Alto un lieu de culte nocturne. Le roi de la nuit de Lisbonne, en personne.

19.03.2012 | par Raquel Carrilho

Dockanema 2011

Dockanema 2011 Cette année, pour la sixième édition de la Dockanema, ma volonté est aussi de rappeler, de ne pas permettre d'oublier, l'importance du documentaire pour notre société, et particulièrement pour notre mémoire collective. Il ne pouvait pas y avoir de meilleur choix, pour l'ouverture de la 6è Dockanema – une édition qui se propose de rendre hommage au cinéaste Ruy Guerra – que le film de Patricio Guzmán, Nostalgie de la lumière, pour réaffirmer une fois de plus cet objectif.

07.09.2011 | par Pedro Pimenta

Le cinéma en Afrique francophone subsaharienne: de la "monstration” au récit contemporain.

Le cinéma en Afrique francophone subsaharienne: de la "monstration” au récit contemporain. Le cinéma documentaire en Afrique suit vraisemblablement le même parcours que celui de sa littérature. Les moyens et les formes d'expression sont certes différents mais, le discours sur l'Afrique reste le même, évoluant avec son histoire. Dans les années vingt, le reportage colonial et les films ethnographiques sont déjà un succès. L'Afrique et les africains sont des sujets filmés.

22.03.2011 | par Rufin Mbou Mikima

AFRIQUES, COMMENT ÇA VA AVEC LA DOULEUR? de Raymond Depardon

AFRIQUES, COMMENT ÇA VA AVEC LA DOULEUR? de Raymond Depardon Où trouver la portée universelle d'un regard désabusé pour lequel l'Afrique n'est plus que le lieu de toutes les douleurs ? Ce qui me fait mal est que ce regard viendra malgré lui renforcer les préjugés existants et qu'il sera encensé au détriment de celui des Africains eux-mêmes, ces cinéastes qui, souvent avec des bouts de ficelles, montent les témoignages sans public d'une Afrique qui bouge.

27.02.2011 | par Olivier Barlet

Dites simplement la vérité

Dites simplement la vérité Les films nous racontent des histoires, mais les films aussi c'est nous-mêmes. Il faut savoir que quand on a un film à faire, la chose dont vous voulez parler, faut que vous la portiez en vous. Les projets doivent être personnels, personne ne vous a demandé de raconter cette histoire, alors il faut expliquer pourquoi vous la racontez.

22.08.2010 | par Samba Félix Ndiaye

EDOUARD GLISSANT : UN MONDE EN RELATION première mondiale du film de Manthia Diawara

EDOUARD GLISSANT : UN MONDE EN RELATION première mondiale du film de Manthia Diawara Le changement ? Il passe par l'acceptation de l'Autre dans son opacité, que revendique Glissant haut et fort, à travers une extraordinaire histoire de brocoli qu'il revendique de ne pas aimer sans savoir pourquoi ! Le raciste est celui qui refuse ce qu'il ne comprend pas. La barbarie est d'imposer à l'autre sa propre transparence. Les frontières ? Elles devraient être perméables pour les migrants mais ne devraient pas être abolies, pour préserver la saveur de chaque atmosphère. Alors, des archipels de petits pays pourront tourner le dos au pouvoir et à la puissance pour vivre ensemble la complexité dans le grand tremblement du monde…

10.08.2010 | par Olivier Barlet

Espèces d’espaces - Lieu, non-lieu et espaces identitaires dans trois vidéos d’Ângela Ferreira

Espèces d’espaces - Lieu, non-lieu et espaces identitaires dans trois vidéos d’Ângela Ferreira Lieu, non-lieu et espaces identitaires dans trois vidéos d’Ângela Ferreira « Untitled » (1998), « Pega » (2000), « Joal la Portugaise » (2004). Si l’œuvre d’Ângela Ferreira est marquée par une dualité territoriale, indissociable du parcours biographique de l’artiste, ses déplacements constants entre l’Afrique - Mozambique, Afrique du Sud - et l´Europe, c’est précisément cette dualité territoriale qui ouvre l’espace indéterminé de l’écriture-vidéo à l’histoire et qui amène à des questions liées à la géopolitique et à tout un travail de déconstruction de l’iconographie et de l’imaginaire coloniales et post-coloniales.

01.08.2010 | par Raquel Schefer

Le Dernier vol du flamant rose de João Ribeiro

Le Dernier vol du flamant rose de João Ribeiro Il faudra dès lors prendre le temps de redevenir un pays. Ce sera long mais d'autres flamants viendront. Ils sont si nombreux, comme dans ce premier plan du film. Ils guident les vivants. Dans la région de Tizangara, les pêcheurs les appellent "sauve-vie" : il suffit de suivre leur voix pour regagner la terre si l'on est perdu. La douce et belle musique d'Omar Sosa convie à donner le temps au temps.

06.07.2010 | par Olivier Barlet

Le Noir dans les feuilletons télévisés, un cas exemplaire de la décadence du mythe de la démocratie raciale brésilienne

 Le Noir dans les feuilletons télévisés, un cas exemplaire de la décadence du mythe de la démocratie raciale brésilienne Examiner la représentation des acteurs noirs sur presque 50 ans d’histoire de feuilleton brésilien, principale industrie audiovisuelle et de dramaturgie du pays, c’est révéler la décadence du mythe de la démocratie raciale, salissant ainsi une belle mais fausse image que le Brésil a toujours cherché à donner de lui-même, en faisant croire qu’à partir de notre condition de nation métisse, nous avons surmonté le « problème racial » et sommes un modèle d’intégration pour le monde.

12.06.2010 | par Joel Zito Araújo

Le pouvoir détruit-il le rêve? Behind the Rainbow de Jihan El Tahri

Le pouvoir détruit-il le rêve? Behind the Rainbow de Jihan El Tahri Ce qui édifie dans ce feuilleton politique d'une brûlante actualité est de voir comment la culture de solidarité entre les membres de l'ANC durant les années de lutte devient corruption lorsqu'ils accèdent au pouvoir de manipuler l'argent. Et comment l'enjeu du pouvoir devient l'accession aux privilèges plutôt que la lutte contre la pauvreté, le but premier que se fixait l'ANC. Ce regard sans concession est ainsi à la fois passionnant et nécessaire pour voir l'Histoire contemporaine en face et sortir de la mystification.

06.06.2010 | par Olivier Barlet

Afrique c'est un nom de femme

Afrique c'est un nom de femme Ce qui frappe le plus cependant, c’est chez chacune de ces réalisatrices la qualité du regard et un traitement esthétique qui élève leur propos très haut au-dessus de tout ce que l’on a connu jusqu'à présent. De manière assez paradoxale, c’est en dédaignant les dorures et les stratégies d’évitement de la fiction que cette production documentaire donne a des événements réels, explorés en profondeur, la puissance de l’imaginaire.

06.06.2010 | par Boubacar Boris Diop